Les camions dans les Emirats Arabes Unis

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On sait que les Emirats Arabes Unis vivent une véritable explosion économique, singulièrement Dubai, incroyable ville champignon. Partout, où que l’on aille dans ce petit émirat, modeste par la superficie mais capitale du business de la fédération, ce ne sont que chantiers d’érection de tours, construction d’hôtels de rêve et travaux de voirie, De plus, le « spectacle » est permanent puisque ces chantiers fonctionnent 24 heures sur 24, la nuit à la lumière des projecteurs.

 

Le réseau routier de Dubai supporte une noria incessante de camions de toutes sortes. L’essentiel du parc est composé d’imposantes bennes semi-remorques et de citernes d’eau en provenance des usines de dessalement de l’eau de mer. La nuit, on perçoit un « chant » étrange, celui des camions qui diffusent un bruit de fond dont l’intensité dépend de la direction du vent.

 

Miroir éloquent de la société, la route offre de singulières confrontations visuelles. Sur les autoroutes urbaines à douze voies de Dubai, se côtoient deux populations séparées par des différences de niveau de vie qui s’apparentent à un gouffre : les travailleurs des chantiers, Indiens, Pakistanais et Philippins au volant de leurs camions ou entassés dans des autocars sans confort et non climatisés, et les nantis, riches bédouins et Européens expatriés.

 

Ces derniers tiennent le volant de Porsche Cayenne, Range Rover ou Hummer, tandis que les premiers, drapés dans leur blanche dishdasha, la traditionnelle robe de coton des bédouins, roulent en Ferrari, Bentley, Maybach, Maserati ou Lamborghini. Et tout le monde se retrouve côte à côte aux feux rouges…

 

La plupart des marques de camions du monde sont représentées : européennes — surtout Mercedes, Volvo et Renault, DAF et IVECO étant inexistants —, américaines (Mack), et japonaises (Nissan Diesel, Toyota-Hino et Hyundai). A côté des modèles contemporains, on rencontre un nombre non négligeable de véhicules anciens (depuis les années 80). Parmi ces derniers, une forte proportion de Mercedes, mais aussi des « trucks » américains, ainsi que de vieux Hino et quelques Bedford anglais.

 

Les pays émergents sont largement représentés par les deux marques indiennes Tata et Ashok Leyland, qui diffusent surtout des autocars conduisant les travailleurs sur les chantiers. Dans ces véhicules récents à l’aménagement des plus rustiques et dépourvus de climatisation, les hommes s’entassent à huit par rangée sur des bancs. Il faut dire qu’ils sont commercialisés à des prix défiant toute concurrence. A titre d’exemple, un Tata type 1316 C de 81 places ne coûte que 24 000 €…

 

© Motorlegend.com
Texte et photos : Gilles Bonnafous