Les pétroliers Esso : l'avant-guerre

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De tout temps, les camions citernes ont été parmi les plus beaux poids lourds rencontrés sur nos routes, qu’il s’agisse des pinardiers ou des pétroliers. Avant la Seconde Guerre mondiale, les camions citernes d’hydrocarbures — essence, gazole, mazout — et les avitailleurs, ceux qui ravitaillent les avions sur les aérodromes et aéroports, portent les couleurs des grandes firmes françaises, comme Azur, et surtout étrangères comme Shell, BP ou Esso, la marque de la Standard Oil New Jersey. Implanté en France dès les années dix, le géant d’outre-Atlantique a d’abord distribué ses produits sous la marque Eco Essence.

Dans un premier temps, la flotte est constituée de camions américains importés, comme les GMC. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Standard se fournit parmi les stocks de véhicules issus des surplus de l’armée américaine, dont les Liberty. C’est en 1935 qu’apparaît le logo ESSO, en même temps que la filiale hexagonale prend le nom de Standard Française des Pétroles.

Deux types de citernes existent : celles de capacité modeste pour la petite distribution et les grandes à multiples compartiments pour les livraisons aux stations-service. Dans les années trente, la flotte de la Standard se compose de camions Renault, qui en constituent la majorité, ainsi que de Saurer, Latil, Ford et Rochet-Schneider, auxquels il convient d’ajouter quelques camionnettes Chevrolet de dépannage. Si les semi-remorques ont fait leur apparition dès 1925, ce type de véhicule est encore très peu diffusé en raison des décrets rail-route et de l’absence de stations-service à gros débit. Leur succès viendra avec les années cinquante et les débuts de la motorisation de masse.

 

© Motorlegend.com
Texte et légendes : Gilles Bonnafous
Photos : Renault et Esso