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S’il existe un véhicule utilitaire français emblématique de la seconde moitié du XXe siècle, c’est bien le Citroën Type H. Ce statut avantageux, le Type H le doit à plusieurs facteurs : sa longévité exceptionnelle — 35 ans, un record — et ses qualités de logeabilité et d’accessibilité. D’une certaine manière aussi à son esthétique. Esthétique, le mot est fort pour qualifier des formes assez laides. Mais une bouille à nulle autre pareille qui, comme pour la 2 CV, vaudra au fourgon du Quai de Javel un réel capital de sympathie. Lancé en 1947, le Type H est l’héritier du TUB, qui, apparu en 1939, est légitimement considéré comme le précurseur de tous les fourgons légers modernes. Pour une charge utile de 1200 kilos, le Type H, doté d’une cabine avancée, offre un vaste volume utilisable ainsi qu’une grande facilité de chargement : plancher plat et bas, porte latérale coulissante et ouverture arrière en trois parties avec portillons et auvent. Il propose également les avantages de la traction avant appliquée aux véhicules utilitaires légers. A sa sortie, le Type H étonne par son aspect singulier dû aux tôles ondulées de sa caisse (plus rigides que des tôles plates). Les premiers exemplaires sont équipés de panneaux latéraux repliables en toile. Le fourgon emprunte son quatre cylindres de 1,9 litre à la Traction. Ramenée toutefois à 35 ch, cette mécanique est accouplée à une boîte à trois rapports. Avec des accélérations poussives et une vitesse maximum de 75 km/h à vide, les performances apparaissent léthargiques. Telle est la faiblesse du Type H avec la mauvaise synchronisation de la boîte et l’absence d’un quatrième rapport. Par contre, il jouit d’une excellente tenue de route grâce à sa suspension à quatre roues indépendantes avec barres de torsion. Au cours de sa longue carrière, le Type H va connaître de nombreuses évolutions. Une version HZ de 850 kilos de charge utile est lancée dès 1949. Côté motorisation, un diesel Perkins de 1,6 litre et 42 ch est proposé en 1961, remplacé trois ans plus tard par un Indenor de 1,8 litre et 50 ch. En même temps, la visibilité est améliorée par un nouveau pare-brise fait d’une seule pièce et une lunette arrière rectangulaire, qui remplace la précédente de forme oblongue. En 1968, le type HZ 1000 kilos remplace le 850 kilos des origines, tandis qu’un nouveau diesel Indenor (1,9 litre et 57 ch) fait son apparition. Deux ans auparavant, un moteur essence de 1,9 litre et 48 ch s’était ajouté à la gamme des motorisations. Les carrossiers se sont vite emparés du Type H pour en proposer de multiples versions spéciales. Il sera ainsi mis à toutes les sauces, des fourgons publicitaires de la caravane du Tour de France aux paniers à salades de la Préfecture de police, en passant par les fourgons frigorifiques, les camions de pompiers, les ambulances et autres véhicules de réanimation équipés à partir 1972 d’une suspension arrière hydropneumatique. Ce n’est qu’en 1981 que le Type H prendra une retraite bien méritée, après une production totale de près de 500 000 exemplaires ! Dont certains roulent encore de nos jours… ©
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