Les mastodontes de Louis Renault
Lancés en 1932, les mastodontes à six roues de Louis Renault comptent parmi les plus beaux camions français des années trente.

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fourgon VT D6


VT 6 Porte-char prototype


VT D6 bennes pilot


VT D6


ZF 6D

 

 

 

 

Offrant une charge de 14 tonnes, ces poids lourds trois essieux répondent à la demande croissante des transporteurs de l’époque soucieux de disposer de gros porteurs rapides. Capables de transporter une charge supérieure à celle d'un wagon de chemin de fer moyen, ils visent à concurrencer le rail.

Baptisés VT, les Renault six roues sont proposés au choix en motorisation diesel ou essence. La version à huile lourde (VT D6) est équipée d’un six cylindres de 10,6 litres à injection directe. Cette mécanique diesel a été mise au point par Renault et ne fait donc pas appel à une licence étrangère — contrairement à l’ensemble des constructeurs français de l’époque (sauf Panhard). Ses 85 ch permettent au VT D6 de rouler en charge à 37 km/h pour une consommation de 50 litres aux 100 kilomètres. Quant au VT 6 à essence, il reçoit un six cylindres de 9 litres encore doté d’une distribution à soupapes latérales. Alimenté par un double carburateur Zenith, il développe 100 ch et atteint les 40 km/h (65 litres aux 100 km). Les deux châssis reçoivent une boîte de vitesses à cinq rapports sur laquelle est accolé le servo mécanique dont les freins sont dotés.

Soucieux d’améliorer les performances de ses 6 x 2, Renault dote en 1933 son VT 6 d’un moderne six cylindres à soupapes en tête. Si la cylindrée est réduite à 7983 cm3, la puissance passe à 105 ch. La version diesel VT D6 n’est pas en reste, qui bénéficie en 1934 d’une cylindrée portée à 12,5 litres (90 ch).

L’augmentation de la puissance des six roues Renault se double en 1934 d’une amélioration de leur capacité avec le lancement d’un nouveau modèle, le type ZF 6D, dont la charge passe à 18 tonnes. Disponible uniquement en diesel, il est animé par le six cylindres de 12,5 litres. La boîte de vitesses, qui possède cinq rapports, reçoit un rapport surmultiplié augmentant la vitesse de 30%. La direction est assistée par un servo à air comprimé. D’abord équipés d’un servo mécanique, les freins sont dotés en 1935 d’un servo également à air comprimé.

Les principaux concurrents des Renault VT sont le Berliet GPF de 12 tonnes motorisé par un six cylindres diesel licence Acro — mais ce camion ne dispose que d’une boîte à quatre rapports — et les Willème DZ 12 et DU 12 équipés d’un six cylindres diesel Deutz — nettement plus coûteux cependant. Quant au ZF 6D, il est proposé à un tarif inférieur au Berliet GPEF. Les Laffly CBL (six cylindres essence ou diesel Deutz) et Somua UGS (six cylindres essence ou diesel CLM à trois et quatre cylindres) sont également plus chers et ils ne reçoivent que des boîtes à quatre vitesses. Quant aux premiers 6 x 2 Bernard, ils n’apparaissent qu’en 1935.

Essentiellement carrossés en camions bâchés, fourgons profilés et citernes, les VT et ZF sont les derniers gros porteurs Renault à long capot. Ils seront remplacés en 1936 par les AFKD à cabine avancée.

Photos : Collection Gilles Bonnafous
Texte : Gilles Bonnafous
Source : Motorlegend.com